Parce que l'envie d'écrire vous prend, jusqu'à la rage parfois. Et parce qu'un jour se fait ressentir l'envie d'un écho...

samedi 29 septembre 2018

Passion



© Timo Wagner

J’ai plongé. Comme ça, sans raison. Trop plein de déraison.

La passion, ça te dévore le cerveau, putain ! Ça te ratatine les neurones. Tout est trop brillant. Et tout devient trop terne.
Partout y a des bruits que tu voudrais faire taire. Et tu voudrais hurler par-dessus ce vacarme. Gueuler qu’ils se taisent, bordel ! Pour retrouver le silence.
Mais le silence, ça t’oppresse. Ça fait tourbillonner les objets autour de toi. Ça t’emporte dans le néant. Le silence ça te poursuit. Ça t’englue. Ça te fait paniquer.

La passion ça rend con. Ça donne des insomnies. Ou des cauchemars, selon. Mais de toute façon, ça empêche de dormir. T’arrive plus à respirer.
Ça te file une sacrée gueule de bois. Et ça te laisse un goût pâteux dans la bouche. C’est comme si t’avais pris un uppercut en plein dans le bide. Ça te plie en deux et ça te fait voir des étoiles.
Ça t’envoie dans un espace-temps que tu comprends même pas. Dans un monde qui ressemble à celui dans lequel tu vivais mais qui n’a plus rien à voir. Tu regardes partout mais tu reconnais plus rien, bon Dieu ! Ça tourne, ça virevolte, t’as l’impression de danser mais ça te colle la nausée. Elles sont belles les couleurs autour, un peu trop criardes. Elles t’explosent la pupille, l’iris et tout ce qui te permet d’y voir clair.

Alors j’ai plongé, tu comprends. Fallait que ça s’arrête, tout ça. Fallait noyer l’ivresse. Fallait faire prendre l’eau à l’engloutissement.
C’était plus possible de plus avoir prise sur rien, de voir glisser sur moi. C’était plus supportable.
Alors j’ai sauté, tu vois. Je voulais mettre fin à tout ça. Je voulais que ma tête se calme. Que le sang ne fasse plus qu’un tour. Que mon cœur me pince plus. Que ma peau ne réclame plus ses mains, ma bouche ses baisers.
J’ai voulu tout stopper.

Alors j’ai plongé.


mercredi 4 avril 2018

04 avril 2018. Nostalgie

Un moment que je regarde de loin les ateliers d'écriture de Bric à Book. Parfois inspirée, je n'ai jamais pris le temps de structurer un véritable texte. Et puis voilà, aujourd'hui plus qu'un autre jour l'envie s'est fait ressentir alors j'ai franchi le pas.




Je me souviens de cette photo. Surexposée. Un peu comme mes sentiments à l'instant précis où j'avais franchi la porte de la pièce. Elle correspondait en tous points à ce dont j'avais toujours rêvé. Un lieu refuge, un cocon baigné de lumière. Entourée de livres. Coupée du monde tout en étant complètement dedans. Fenêtre ouverte sur la vie. Je me suis précipitée vers l'alcôve et me suis imprégnée de l'odeur de ces livres et de l’atmosphère qui régnait dans l'espace. Instant ouaté, égayé par les oiseaux qui discouraient dans les arbres du jardin. J'ai jeté un œil sur ces ouvrages tout autour, bras chaleureux qui m'accueillaient pour m'offrir des heures magiques de solitude accompagnée. Des promesses d'échanges amicaux ou conflictuels avec des personnages qui m'emporteraient dans leur univers. Qui, tour à tour, m'agaceraient, me révolteraient, sauraient m'émouvoir, me faire verser quelques larmes peut-être. Des héros hauts en couleurs ou des quidams insignifiants, des Don Juan et des demoiselles en quête d'amour. Il y avait là la promesse d'aventures infinies, de vacances d'été enivrantes. Mais avant de piocher dans les rayons de la bibliothèque, de choisir soigneusement un titre ou de me laisser porter par le hasard, il fallait que je couche sur le papier tous ces ressentis un peu fouillis. J'ai saisi la pochette contenant un des cahiers qui m'accompagnaient partout, me suis installée confortablement et me suis apprêtée à décrire ce moment suspendu. Tout comme cet instant où l'objectif s'est ouvert pour capturer ce moment de nostalgie, tout comme cette photo retrouvée, peut-être retrouverais-je le texte que m'avait inspiré ce lieu.